La Quest: le retour

Avec le retour au Québec de Anne-Marie et Samuel, la Quest est arrivée à sa fin. Après deux semaines de périple en Allemagne et des dizaines de rencontres mémorables, nos aventuriers peuvent à présent faire un retour sur leur expérience dans la capitale des Grandeurs Natures et leur vécu dans les deux plus gros événements du monde.

L’aperçu que nous avons eu du marché du GN en Allemagne nous a donné ce qui pourrait être une vision du futur du jeux de rôle au Québec dans quelques années. La maturité du marché Allemand semble avoir encouragé l'établissement d'artisans hautement spécialisés et passionnés par une esthétique et un style précis. Par exemple, la plupart des petits commerces liés au GN s'y concentrent sur des types de personnages spécifiques comme les orques, les pirates, les barbares ou encore des aspects particuliers de la vie de GN, comme le matériel de camp. Les généralistes sont généralement de gros joueurs transnationaux avec une présence forte dans plusieurs pays.

Petits et grands acteurs du milieu du GN se sont montrés très accueillants avec notre duo d'ambassadeurs, se montrant ouvert à parler non seulement en terme de partenariat d'affaire, mais aussi à offrir des conseils et à expliquer certaines des astuces ayant permis à leurs entreprises de survivre et prospérer sur le vieux continent. L'aspect ''mission commerciale'' du voyage fut donc un franc succès, avec de nouveaux contacts à travers l'océan, mais aussi des relations renforcées avec des partenaires de longue date.

Drachenfest 

Le deuxième plus gros GN au monde et le plus grand événement de type PvP, le Drachenfest est un grandeur nature hautement international avec plus de 6000 joueurs et joueuses venus de 35 pays. Avec une trame scénaristique flexible largement laissée au contrôle des joueurs des 13 camps principaux et de leurs sous-factions, il y a de multiples choses à faire pour les participants, que ce soit se battre dans des batailles opposants un ou plusieurs camps, ou bien en s'investissant dans des quêtes et missions pour des groupes de joueurs.

L’équipement du Drachenfest diffère assez de ce qui se voit sur les champs de bataille de Bicolline. Les casques, les pavois et les armures de plaques y sont beaucoup plus rares en raison du style des combats qui se veut beaucoup plus théâtral et moins sportif dans son intensité. Les armes du Drachenfest ne subissent aucune homologation officielle, la sécurité du jeu étant basée sur la confiance entre les combattants, qui font d’ailleurs preuve d'une retenue et d'une écoute exemplaire. 

Si les costumes se comparent à ceux vus à Bicolline, les règlements de combat moins formels permettent à des styles de personnage plus diversifiés d'avoir une forte présence aussi bien dans les camps que sur les champs de bataille. L'absence de bâtiments permanents est compensé par la multiplication des campements décorums, tentes, chapiteaux et huttes étant infiniment plus nombreux et plus élaborés que dans les GNs Québécois. Les campements principaux sont défendus par des palissades légères avec des gardes postés pour surveiller les portes d'accès. Il y a beaucoup d'animation dans la ville et les campements de faction, où des scènes théâtrales liées au scénario sont souvent planifiées par les PNJs. Il y a même des troupes de ménestrels qui sont employés à temps plein pour y mettre de la musique et de l'ambiance. 

Nous avons passé beaucoup de temps à combattre et discuter avec les ambassadeurs de Bicolline qui étaient également sur place. Si l'expérience de jeu s'est montrée très différente de celle connue au Québec, il y avait clairement une ambiance familière au Drachenfest. Des scènes festives vues cent fois au Québec y étaient également présentes, avec les archétypes classiques de la faune du GN.

Conquest of Mythodea 

Le plus gros événement de jeux de rôle au monde, Conquest est un miracle logistique. Avec ses 10 000 participants rassemblés sur un terrain temporaire, il est fascinant de constater que des services aussi complets que des douches, toilettes et vaisselle de groupe soient accessibles sur le site pour tous et toutes sans besoin de se planifier. Une journée entière est laissée pour le montage des campements et de la ville éphémère du Red Star, journée pendant laquelle les joueurs et joueuses organisent aussi un grand bazar de vente de costumes et de matériel usagés, permettant à tous de s'équiper sur le site la veille de l'événement à prix modique. Un spectacle de musique est également organisé le soir de cette journée de montage hors-jeu. L’événement en jeu débute par la suite.

Pour le week-end, une partie du site est ensuite fermé et réservé aux touristes et visiteurs, lesquels ne peuvent pas entrer sur la zone de jeu, mais peuvent visiter des échoppes spécialisées et regarder les combats à partir de postes d'observation. C'est le le Fantastica Festival. Cette division permet de garantir que seuls les participants les plus motivés et les mieux préparés sont présents sur le jeu, avec des résultats assez visibles même d'un seul coup d’œil. 

Le décorum de Conquest, qu'il s'agisse des campements des joueurs, des costumes ou de l'ambiance générale, est légèrement supérieur à ce qui est vu à la Grande Bataille de Bicolline. Les participants sont particulièrement motivés et intenses, beaucoup bravant la chaleur dans des costumes incroyablement complexes. Des spectacles ambulants sont organisés aux heures pour mettre de l'animation dans la ville centrale et la vie de camp est également très animée, comme nous avons pu le constater lorsque nous avons été invité au campement tribal du Blood Pact par Sonjas de Sonjas Adventures!

Lorsque vient de le temps de combattre, ce décorum et cette ambiance sont poussés encore plus loin. Si les combats de Conquest sont très théâtraux comme ceux vus à Drachenfest, il s'agit ici d'un grandeur nature presque entièrement PVE, où les joueurs et joueuses affrontent les quelques 1500 animateurs qui forment les trois armées ennemies. Voir ces troupes marcher au combat avec leurs costumes agencés à la perfection est une expérience unique, qu'il s'agisse des uniformes déshumanisants de la Black Ice ou de la rouille et des tabars en lambeaux des morts-vivants de la Hungry Flesh. Ce jeu PVE n'est toutefois pas sans défauts. 

En raison du nombre d'ennemis disponible, les batailles sont restreintes a un nombre spécifique de combattants joueurs, avec une logique de ''premier arrivé, premier servi'' qui rend parfois difficile d'avoir accès aux combats. Les affrontements ne sont en effet pas annoncés à l'avance et ne suivent pas un horaire régulier. Certaines batailles se déroulent aussi en simultané, ce qui permet de maximiser les scènes de combat, mais garanti que même le guerrier le plus motivé ne pourra jamais assister à tous les affrontements.

Les combats sont également rendus confus par la présence d'effets magiques et même d'effets de masse, bien que le personnel de Conquest fasse un travail remarquable à gérer cette présence de la magie dans les combats. Finalement, l'aspect théâtral des combats peut éventuellement devenir frustrant si un participant est habitué à un jeu plus régulé. Comme le résumait brièvement Samuel lors de son retour sur l'événement : «Les points de vie des ennemis sont plutôt des points de minutes.». L'aspect cinématique ne semble pas laisser beaucoup de place pour des victoires décisives dans certains cas. 

Conquest of Mythodea fonctionne sous un paradigme complètement différent de celui des grands GNs Nord Américains. Les joueurs et joueuses du Québec doivent s'attendre à y être dépaysés non seulement par la langue, mais aussi par la culture de jeu très enracinée dans le contexte Allemand. Il faut l'essayer pour savoir si ces particularités sont faites pour vous plaire. 


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